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23/10/2006

NERVAL : Le reveur enraciné

Fin octobre, une randonnée nous conduisait sur les ruines de l’Abbaye Royale de Châalis à l’orée de la forêt d’Ermenonville;

 

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Ruines de l'abbatiale du XIIIème siècle
 
 

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  Chapelle de l’Abbé de style gothique ornée de fresques du XVIème siècle
 
 

«… dans ce vieux pays du Valois où pendant plus de mille ans a battu le cœur de la France. », nous étions sur les pas de l’immense GERARD de NERVAL.

 

C’est « son » Valois à la fois inspiré et charnel qui imprègne d’une mélancolie vaporeuse et lancinante son chef-d’œuvre le plus intime : SYLVIE dans LES FILLES DU FEUX.

La nouvelle nous raconte le déchirant abandon d’un amour d’enfance idéal : la petite Sylvie, si vive et si fraîche », pour l’évanescente et mystique apparition de « la blonde, grande et belle Adrienne ». C’est le sacrifice « d’une amitié tendre tristement rompue » pour « un amour impossible et vague » que le narrateur qualifiera même de « souvenir à demi rêvé ». Plus fort que le bonheur simple et tranquille entrevu le magnétisme d’Adrienne entraîne le poète dans les arcanes du rêve.

 

En marge du romantisme français, NERVAL - plus proche de la tradition germanique et nordique - est un explorateur de notre inconscient collectif, un authentique visionnaire qui, pour autant, récuse toute création poétique désincarnée.

Et SYLVIE nous en révèle la plus parfaite illustration.

Le sous-titre de cette nouvelle : SOUVENIR DU VALOIS souligne déjà la nécessité et la volonté d’enracinement de la poétique nervalienne.

 
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Randonnée au cœur de la forêt d’Ermenonville
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Ramassage de châtaignes : tous le monde s’y met !

Le pays de son enfance et de sa jeunesse n’est pas une toile de fond sacrifiant à un bucolisme romantique de rigueur. NERVAL évoque avec précision et délectation les bois, les villages ( OTHIS, LOISY …etc. ), les traditions ( la Fête des Archers où il s’éprend d’Adrienne ) ou bien la vie rustique et familière des petites gens parce qu’ils sont autant de sortilèges.

 En vérité, ce Valois ne s’évoque pas ; il s’invoque. Il s’invoque. Il est le seuil, le catalyseur magique de cette prométhéenne odyssée onirique et mythique.

 Chez NERVAL la connaissance se situe aux antipodes des constructions abstraites et universalisantes consubstantielles à l’esprit d’analyse sémite.

 « Le rêve est une autre vie », mais le rêveur est solidement enraciné ; et la substantifique sève de ses forêts du Valois ne cessera d’irriguer sa quête mystique.

Par ailleurs, le titre éponyme de la nouvelle : SYLVIE, ne révèle-t-il pas, avant tout, une farouche volonté d’enracinement dans notre plus longue mémoire ? Sylvie : la petite « fée » des sylves, la sagesse païenne, la sérénité, l’amour vivant, le bonheur simple en contrepoint de la déréliction engendrée par le monachisme chrétien d’Adrienne.  

 
 
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07/10/2006

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 E. Pound